No home, de Yaa Gyasi

XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effia est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé.
Effia ignore que sa sœur Esi est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits-enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.


Parfois, il suffit de peu de choses pour se dire qu’il faut acheter tel ou tel livre. Je l’avoue, j’adorais la couverture de ce roman de Yaa Gyasi, une auteur totalement inconnue pour moi. Ces couleurs, ce graphisme, m’ont donné envie de prendre en main le roman, et d’explorer ce qui se cachait à l’intérieur.

Autre argument que je peux présenter, il me semble avoir vu ou lu l’auteur Alain Mabanckou mettant en avant cette jeune auteur, pour son talent. Et comme j’adore écouter Alain Mabanckou… j’ai dit banco !

Si je ne lis pas assez de romans sur ce thème, la question de l’esclavage, et de la ségrégation aux États-Unis, sont pour moi des sujets enrichissants de lecture et, si c’est rare, j’aime découvrir de nouveaux romans sur le sujet. La découverte de celui-ci s’est ainsi faite en grande partie cet été, sur la plage du Touquet, au soleil.
Avec ce premier roman,  Yaa Gyasi fait un état des lieux très original, et passionnant, proposant à ses lecteurs de suivre plusieurs générations d’hommes et de femmes noirs, en partant du XVIIIe siècle, à nos jours, en présentant un membre de chaque famille par génération, en passant d’une famille à l’autre, en alternance, pour retrouver finalement des personnages qui ont toujours plus ou moins le même âge. Esclavage, ségrégation, racisme… Rien ne nous échappe, certaines histoires sont terriblement lourdes, et nous angoissent, que ce soit en Amérique comme au Ghana.

Des histoires dans l’Histoire

Et j’ai trouvé ce récit incroyablement ambitieux. Un premier roman qui a sans nul doute nécessité de sacrés recherches, pour recontextualiser l’histoire de chacun de ces personnages… À 27 ans, je trouve que Yaa Gyasi a transmis à ses lecteurs un roman riche, voire idéal pour pouvoir cibler les périodes majeures de la ségrégation, de l’esclavage, pour pouvoir, si on le souhaite, rechercher des compléments d’information sur telle ou telle période.

Mon petit regret, c’est de voir l’histoire de certains de ses personnages se conclure trop vite, pour passer à la famille, ou à la génération suivante. Certains d’entre eux ont un destin tel qu’ils pourraient eux-même être les personnages principaux de leur propre roman. Mais telle est la structure même de ce roman, passer d’une génération à l’autre, pour couvrir trois siècles d’histoire à partir de deux femmes, l’une devenue esclave, l’autre mariée à un Blanc, sans avoir le choix. Deux destinées différentes, qui montrent cependant que, d’un côté comme l’autre, l’avenir peut paraître sombre, même quand on ne se l’imaginait pas.

Pour celles et ceux qui aiment lire des romans sur cette thématique, je vous le recommande.

No Home, de Yaa Gyasi
Éditions Calmann-Levy, 450 pages. 21,90 euros

Certains d’entre vous l’ont déjà lu ?

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8 commentaires sur “No home, de Yaa Gyasi

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  1. Encore une fois : je suis totalement d’accord ! Je l’ai fini début décembre et j’ai adoré le thème et comment l’auteure retrace 3 siècles d’histoire à travers cette descendance. MAIS le gros mais c’est que j’ai été frustré plus d’une fois de voir le chapitre d’un personnage se terminer. A la fin j’ai eu le sentiment de ne pas avoir pu m’attacher aux personnages tellement on me coupait l’herbe sous le pied… Ça reste une lecture très riche en enseignement que j’ai beaucoup apprécié également 🙂 Bises

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