Black-Out, de Marc Elsberg

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’être humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.


Exercice compliqué pour moi, aujourd’hui. Je vous présente un roman, Black-Out, que j’ai lu il y a quelques mois déjà, entre la fin mai et début juin de cette année. Mais si je veux vous en parler, c’est tout simplement car je trouve qu’il s’agit d’un de ces romans qui fait réfléchir, qui interpelle.

Difficile de flâner dans une librairie sans apercevoir cette sombre couverture, avec ce O représenté par le sigle symbolisant un interrupteur. Un sigle, qui résume à lui seul le contenu de ce roman.

Tout commence un vendredi, le jour 0. Piero Manzano est victime d’un accident de voiture, à Milan (Italie) alors que tout l’éclairage public s’étend, feux de signalisation inclus. «Quelque chose déconne » au barrage d’Ybbs-Persenbeug (Autriche). À Lindau (Allemagne), de nombreuses voitures attendent en vain devant une station de carburant, en panne d’électricité… Partout en Europe, le chaos prend place dans les villes et campagnes, l’alimentation en électricité est coupée, un bug européen se produit pour une raison inconnue.

Et alors que, dans un premier temps, on s’active pour réalimenter au plus vite les populations en électricité, dans un hiver mordant, la situation devient progressivement ingérable. Les centrales nucléaires s’échauffent, rien ne permet de faire fonctionner tous les moyens de productions d’électricité sereinement. Tout plante, à chaque nouvelle tentative.

À l’évocation de ce résumé, le raccourci vers tous les films catastrophe à la sauce hollywoodienne vient en tête et, quand on est aussi peu friand que moi de ce genre de films, on pourrait très vite se lasser, ou reculer. Mais pas du tout. En écrivant ce roman, Marc Elsberg pose la question de notre consommation des énergies d’aujourd’hui, de notre ultra-connexion les uns aux autres, de cette volonté de connecter les foyers à un système global d’alimentation en électricité, notamment par ce que l’on appelle, ici en France, les contestés compteurs Linky.

Le pire de l’homme se dévoile

Très vite, et cela jusqu’aux dernières pages, le rythme de ce roman se tend, l’angoisse monte car, dans un petit coin de nos têtes, on espère que cela n’arrivera jamais dans la vraie vie. Aux premières heures de la coupure généralisée de l’électricité, une forme de solidarité se met en place, les populations tentent de s’organiser, en imaginant que cela ne durera, au pire, que quelques heures. Mais les heures s’allongent et deviennent une journée, puis deux…
Tout d’un coup, on se rend compte de cette totale dépendance de l’homme à l’électricité. Ce même homme qui, des millions d’années plus tôt, avait créé de ses mains le feu, pour ce chauffer, est incapable aujourd’hui de vivre dans son quotidien sans cette énergie.

Qui dit coupure d’électricité dit plus de distributeurs automatiques de billets, plus de tour de contrôle dans les aéroports, plus de moyens de traire ces centaines de vaches qui meuglent de douleur avec des mamelles regorgeant de lait… Mais aussi, plus d’alimentation en eau, l’eau venant de centre de traitement… fonctionnant à l’électricité ! Réfléchissez à ce qui a autour de vous : comment faire le plein de sa voitures quand aucune pompe à essence n’est alimentée en électricité ? Comment réapprovisionner des commerces, quand les stocks de produits périssables pourrissent à cause de la rupture de la chaîne du froid…

Un seul mot pour définir ce monde : l’enfer ! Et l’enfer finit par révéler le côté obscur de l’homme, son envie de survivre, envers et contre tout, faisant fi de cette morale qui dirige le monde. Pillages, attaques transforment les villes est champs de bataille, en seulement quelques heures… et l’électricité ne revient toujours pas.

Comme vous pouvez le constater, j’étais scotchée par cette lecture, ces interrogations qui pèsent en filigrane sur ce récit apocalyptique. Marc Elsberg tape fort, et de façon efficace, avec ce roman, qui a depuis été suivi par un autre, traduit en France : ZERO, ils savent ce que vous faites.

Un ouvrage qui m’attend sagement pour cet hiver, et qu’il me tarde le lire (même si je crains de ressentir de nouvelles angoisses !) En attendant, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, lisez Black-Out, vous ne serez pas déçus !

Black Out demain il sera trop tard, de Marc Elsberg
Le Livre de poche, 552 pages, 8,10 euros

 

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4 commentaires sur “Black-Out, de Marc Elsberg

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  1. Alors tu vois, là comme ça il ne m’aurait pas tenté plus que ça ce livre, mais c’est vrai que c’est une question qu’on refuse de se poser tellement nous sommes dépendants de l’énergie. Tu ne parles pas tellement des personnages, je crains toujours qu’ils soient assez caricaturaux et que le message prenne le pas sur la narration, est ce que le côté thriller est bien ficelé ?
    (j’ai dans l’idée que la suite a quelque chose à voir avec les RS non ?)

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    1. Tu m’as grillée, je n’ai pas parlé des personnages car ma lecture est ancienne 😬
      Mais les caractères sont bien marqués, sans être caricaturaux… notamment le hacker qui n’est pas juste un gros geek, il y a de l’engagement derrière contre l’ultra-connexion.
      Et en effet, le deuxième est sur le partage de données, les conséquences des réseaux sociaux et tout ce qu’on laisse ouvert à tous. Tu sais que l’auteur fait des débats et conférences sur le sujet maintenant, aux côtés de spécialistes !?

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