On la trouvait plutôt jolie, de Michel Bussi

On la trouvait plutôt jolie, Leyli. Tout charme et tout sourire.
Leyli Maal fait le ménage dans les hôtels à Port-de-Bouc, près de Marseille. Malienne, mère célibataire de trois enfants : Bamby, 21 ans, Alph, 17 ans, Tidiane, 10 ans, Leyli nourrit un rêve immense et cache un grand secret.
Leyli raconte sa vie à qui veut bien l’écouter, mais peut-elle avouer toute la vérité ? Peut-elle empêcher ses enfants de dévoiler ce qu’elle a caché ? une vengeance ? Un trésor ? Un père ?
François Valioni travaille pour une importante association d’aide aux migrants à Port-de-Bouc. Il est retrouvé au petit matin assassiné dans un hôtel. dans sa poche, un bracelet de couleur et six coquillages.
Julio Flores est un jeune lieutenant de police zélé, hyperconnecté, méfiant envers son commandant et un peu trop sentimental. il ne peut pas croire que Bamby Maal, que tout accuse, soit la coupable. Surtout lorsque survient un second crime.
En quatre jours et trois nuits, du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, Michel Bussi nous offre un suspense de haut vol, dans lequel, comme toujours, priment l’humain et l’émotion.


Il est devenu en quelques années un des rendez-vous annuels traditionnels, en librairie. Le phénomène Michel Bussi ne cesse de grandir, au point où l’auteur de Normandie est devenu, en 2016, le 2e auteur le plus vendu en France, derrière Guillaume Musso, et déboulonnant ainsi Marc Lévy.
Avec mon boulot, il est difficile de passer à côté de ces sorties de romans. Ainsi, je suis l’évolution de ses romans depuis déjà quelques années.

Pour ce cru 2017, en route pour Marseille. La Normandie passe enfin en arrière-plan, après un détour par la Réunion et la Corse, pour de nouveaux décors servant de cadre aux histoires de l’auteur. Nous suivons Leyli, cette femme lumineuse aux lunettes de soleil fantaisie. Cette mère courage qui doit vivre avec ses enfants dans un tout petit appartement, en attendant que les bailleurs sociaux lui proposent un logement plus grand, et plus adapté.

Les migrants au cœur du récit

Il y a aussi un crime sanglant à résoudre. L’enquête est menée par deux policiers que tout oppose, entre le vieux flic désabusé et le jeune flic qui ne lâche rien, pour résoudre l’énigme.
Ici, la question des migrants est en toile de fond de ce roman. Un roman très actuel donc, et qui pourrait interpeller les lecteurs sur ces drames humains qui font de la mer Méditerranée le lieu d’une tragédie humanitaire. Mais ceci n’est pas le sujet du récit, et finalement, l’impression de saisir un tel drame juste pour un prétexte s’insinue, au fil de la lecture.

Avec Michel Bussi, nous sommes dans le registre du roman populaire. Ce roman qui use très rapidement des mêmes ficelles, en ne changeant que le nom des personnages et le décor. Et au final, le lecteur se fait balader jusqu’au dénouement final, qui se précipite sur les 50-70 dernières pages, happant le lecteur jusqu’à la dernière ligne.

Mais, si j’ai beaucoup aimé Nymphéas noirs, ou encore N’oublier jamais et Le temps est assassin… cette formule finit par faire pschitt, quand on veut de la nouveauté dans nos lectures. Et cela a été le cas ici. Je dirais même que j’ai trouvé ce roman confus, presque maladroit sur certaines constructions de récit.
A force de chercher le bond rebondissement, on a presque l’impression qu’il vient de nulle part, et qu’il est balancé comme ça, pour conclure ce récit malheureusement de plus en plus poussif. L’histoire de Leyli, qui aurait pu être émouvante, fait incroyablement artificielle, et m’a laissé froide. Je n’y ai pas cru, non pas par négation de ces catastrophes humaines, mais plutôt par la masse d’informations que l’on peut avoir aujourd’hui sur les raisons qui font migrer ces gens vers l’Europe, malgré le danger. Et finalement, rien ne sert de romancer cela.

Une lecture complètement ratée, si l’on peut dire. Même si je n’en attendais pas trop, j’ai comme l’impression qu’à force d’écrire un roman à l’année, l’auteur finit par perdre de ce qui avait fait son succès, à l’époque de Nymphéas noirs, et Un avion sans elle. Dommage !

On la trouvait plutôt jolie, de Michel Bussi
Éditions des Presses de la Cité, 464 p., 21,90 euros

 

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15 commentaires sur “On la trouvait plutôt jolie, de Michel Bussi

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      1. Merci 😊 c’est vrai que c’est difficile de garder le rythme, forcément il a un style et ça peut paraître réchauffé. Je n’en suis pas encore là pour ma part ! Mais les chroniques honnêtes, j’aime bien même si je ne suis pas du même avis !

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      2. J’en ai lu 6 ou 7 de cet auteur, ce qui provoque ma lassitude, je pense.
        Merci pour le message, je pense aussi que le blog est vain, si l’on se contente de parler que du positif. Certaines expériences de lecture ne sont pas bonnes

        Aimé par 1 personne

  1. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé ce roman, comme tous les autres de Michel Bussi qui est l’un de mes auteurs préférés. Je trouve qu’il arrive toujours à surprendre et ses histoires sont toujours très recherchées ! 🙂

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  2. depuis les Nymphéas Noirs, j’étais l’une des plus grandes fan de Bussi. Pour autant, j’ai un peu peur de me lancer dans ce dernier roman, les avis que je lis sont mitigés et j’ai peur d’être déçue… je pense que de toute façon j’attendrai la sortie en poche pour l’acheter… RDV dans 9 mois au moins 😉

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