Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre

Rescapés du premier conflit mondial, détruits par une guerre vaine et barbare, Albert et Édouard comprennent rapidement que le pays ne pourra rien faire pour eux. Car la France, qui glorifie ses morts, est impuissante à aider les survivants.
Abandonnés, condamnés à l’exclusion, les deux amis refusent pourtant de céder à l’amertume ou au découragement. Défiant la société, l’État et la morale patriotique, ils imaginent une arnaque d’envergure nationale, d’une audace inouïe et d’un cynisme absolu.


Prix Goncourt 2013, ce roman fait partie de ces livres qui traînent depuis des années dans ma bibliothèque, attendant leur heure. J’avais fait l’effort, déjà, d’attendre sa sortie en poche (chose que j’avais regretté à sa sortie en voyant l’allure de la couverture). Et puis les semaines et les mois ont passé, sans que je me décide à me plonger dans cette histoire… Cela, jusqu’à ce que l’adaptation cinématographique, réalisée par Albert Dupontel, soit programmée dans les grandes salles le 25 octobre 2017. Ainsi est née, avec la blogueuse Élodie, l’idée de faire une lecture commune de ce roman avant sa sortie.

Et bien nous en a pris, je trouve. Parmi les périodes historiques que j’aime retrouver dans les romans que je lis, il y a les années folles, ou encore, quelques années plus tôt la Belle Époque. Entre deux : la Première Guerre mondiale, les Poilus, les tranchées, cette génération brisée par les combats.
Pierre Lemaitre nous plonge dans les dernières heures de combat, la pénible attente avant cet armistice qui n’en finit pas d’être signée. Nous sommes aux côtés d’Albert Maillard, soldat usé, qui attend de retrouver sa Cécile. Il est contraint, avec ses camarades de tranchée, de s’élancer dans une ultime bataille, pour regagner la côte 113 aux Allemands. Une décision prise par le lieutenant d’Aulnay-Pradelle, « qui fait plus peur que les Boches ».

Destins brisés, et arnaque

De l’issue de cet assaut, aux improbables péripéties, naît l’amitié entre Albert et Édouard Péricourt, jeune soldat devenu gueule cassé, la mâchoire inférieure arrachée par un éclat d’obus. Une amitié entre deux hommes fracassés par la guerre, la vie, et leur pays même, qui ne prend plus la peine d’aider ses anciens combattants, ces survivants, pour se pencher sur la mémoire de ceux qui n’ont pu revenir du front.
Ainsi finit par apparaître l’idée d’une escroquerie d’envergure : proposer à la vente des monuments aux morts à la gloire des soldats morts au combat, récolter l’argent avancer par les communes, les souscriptions nationales, et « partir avec la caisse ».

En plus de 600 pages, le lecteur suit ces personnages si forts, si humains. Albert, couard et terriblement peureux, qui est tétanisé par cet acte. Édouard, ce soldat-artiste de génie qui cache sa monstruosité sous des masques de papier mâché. Pradelle, tellement mauvais et exécrable.
Il n’y a pas de héros dans ce roman, il y a des hommes qui se débrouillent pour survivre, d’autres qui profitent de l’émotion causée par cette guerre pour s’enrichir, et monter socialement. Près de 100 ans après l’armistice, nous avons ici un aperçu de cette époque de convalescence de la France, marquée, blessée par cette Grande Guerre, dont on ne parle aujourd’hui que dans les livres d’Histoire. Mais finalement, cette tuerie de masse a concerné nombre de nos aïeux. (En ce qui me concerne je ne verrai plus les cimetières militaires de la même manière !)

L’histoire est passionnante, les pages tournent très vite, pour découvrir jusqu’où cette supercherie va pouvoir aller. Pierre Lemaitre ménage le suspense, tandis que la tension monte, doucement. Si le style m’a dans un premier temps dérouté (souvenons nous qu’il s’agit d’un Goncourt !), on se rend finalement compte que l’écriture colle avec le personnage d’Albert, sa personnalité.

Peut-être le roman aurait pu être un peu plus court, mais cela n’est pas si important car dans le fond, j’ai vraiment aimé être dans cet univers. C’était presque triste de tourner les dernières pages. Pour celles et ceux qui font partie des derniers à ne pas l’avoir lu, je vous le recommande.
Très vite, je vous parlerai de l’adaptation ciné, que j’ai vu le 1er novembre, quelques heures après avoir terminé ma lecture !

Pierre Lemaitre raconte Au revoir là-haut :

Une lecture commune très sympa, avec Élodie, du blog Parle leur de romans, de voyages et d’aventures.

Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre
Le livre de poche, 624 p., 8,60 euros

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10 commentaires sur “Au revoir là-haut, de Pierre Lemaitre

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