CINÉMA. Au revoir là-haut, réalisé par Albert Dupontel

Synopsis (Allociné) :
Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…


Au revoir là-haut, c’est avant tout, une belle épopée. C’est l’histoire d’un roman qui, à la surprise quasi générale, a reçu le prix Goncourt 2013. Imaginez, un auteur populaire de romans policiers, n’est généralement pas trop présent dans l’actualité littéraire. Il est suivi par ses lecteurs, qui font tourner la superbe machine du bouche-à-oreille, et les livres vivent une vie folle, sans surenchère médiatique. Et puis arrive Au revoir là-haut, avec un Pierre Lemaitre qui aborde un autre thème, un autre univers. La suite, on la connait.

Ainsi, quand j’ai appris il y a quelques mois qu’Albert Dupontel avait réalisé l’adaptation de ce roman, je me suis dit qu’il était grand temps de le lire, pour ensuite voir ce film que je redoutais et attendais à la fois. Car oui, j’ai horreur de lire des romans dont j’ai vu l’adaptation avant. J’ai passé alors un moment très agréable avec ce livre, qui m’a porté dans la France de fin de guerre et des Années folles. Une France qui ne sait que faire de ses soldats démobilisés, et du deuil pesant sur les épaules de tout une nation.

Et au cinéma ?

au revoir
© Gaumont Distribution

Si je ne veux pas prétendre à l’image de critique littéraire, mes chroniques ici ne concernant que mon avis de lectrice, je veux encore moins me muer en critique ciné. Donc, cinéphile, soyez indulgents, c’est juste la lectrice de ce roman qui parle avec ses mots et son ressenti.

Ce qui m’a donné l’envie de voir ce film, c’est sa bande-annonce. Vive, colorée, folle… Je reconnais une légère crainte, dans un premier temps, en voyant qu’Albert Dupontel s’était emparé de cette histoire, qu’il en avait tiré de multiples scénarios, avant de retenir celui-ci « librement adapté » du roman.

Et quel régal ! En effet, il s’agit d’une libre interprétation, mais si fidèle au roman, dans sa globalité, que l’on se satisfait des quelques libertés prises par Albert Dupontel pour faire ce film.
Une reconstitution folle des tranchées et du Paris des années d’après-guerre. Des couleurs si belles, si folles, comme je me l’imaginais dans les deux minutes de bande-annonce.

Mention spéciale

Je tiens à signaler aussi des personnages superbement bien interprétés, Albert Dupontel faisant de l’Albert du roman un homme, certes un peu moins peureux, mais si torturé. Nahuel Perez Biscayart donne ses traits à Édouard, le soldat défiguré, faisant vivre son personnage par le regard et l’expression corporelle.
Et alors, mention spéciale à Laurent Lafitte. En interprétant le lieutenant d’Aulnay-Pradelle, il restitue le côté salopard du personnage d’une telle façon, que j’avais l’impression qu’il s’en amusait ! Je l’ai a-do-ré !

Et derrière tout cela, on ressent la rage du réalisateur, cette rage qui lui offre la possibilité de jeter un regard acéré sur l’histoire du pays, qui a tout pris à ses soldats, pour faire une guerre dont la population ne voulait pas «un désastre, un suicide humain ». Cette époque qui joue de la faiblesse des uns, pour que d’autres face du profit, pour que l’équilibre entre les classes se maintiennent, les petits devant demeurer des petits, face aux « grands » de ce monde. Un regard sur le passé du pays, tout en soutenant la comparaison avec le monde actuel.

C’est l’histoire d’une vengeance de gens qui ont été victimes et qui, tout d’un coup, vont avoir le génie de se venger, intelligemment, et sans faire de mal, comme l’évoque Albert Dupontel sur le plateau de Quotidien.

Pour ces raisons, mais aussi pour cette atmosphère exaltée, pour cette fresque d’une époque passée, et la folie d’un après-guerre marqué par cette envie de revivre sa vie, j’ai adoré cette adaptation, que j’aimerai même revoir encore, pour la force des personnages, et la générosité des acteurs. Filez donc dans votre cinéma !

Bande-annonce d’Au revoir là-haut :

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8 commentaires sur “CINÉMA. Au revoir là-haut, réalisé par Albert Dupontel

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