Vera, de Karl Geary

« Tu rêvais d’être le héros qui la sauverait, même avec tout ce que tu ignorait d’elle. »
Sonny est un jeune Irlandais de seize ans. Bien sûr, il veut échapper au destin sans horizon qui l’attend. Lorsqu’il croise le regard de Vera, sa beauté lui donne immédiatement le vertige. Elle vit dans les quartiers chics de Dublin, dans un monde étranger à Sonny. Elle ne dit jamais son âge. Elle parle peu. Mais elle sait l’écouter comme personne ne l’a jamais fait.
Vera et Sonny vont vivre une histoire. Intense, dévastatrice et sublime. On sait dès les premiers gestes de tendresse que l’état de grâce ne peut durer, mais on est emporté par la puissance émotionnelle de ce roman, magnifique chant d’amour.


À l’occasion de la rentrée littéraire 2017, Price Minister propose depuis plusieurs années de participer à ses  « Matchs de la rentrée littéraire », un concours dans lequel on gagne un ouvrage parmi une sélection réalisée par des blogueuses, et on publie un avis sur ce roman en échange, sur son blog ou sur un réseau social.
Après avoir découvert la plume de Guinevere Glasfurd avec Les mots entre mes mains, aux éditions Préludes, j’ai fait le choix, cette année de tenter ma chance avec un premier roman d’un auteur irlandais, Karl Geary. Je n’avais pas vraiment lu de billets de blog ou d’articles sur ce roman, avant de faire mon choix. Je voulais avant tout prendre un roman différent, un roman que l’on ne croise pas dans les deux tiers des blogs littéraires.

Adolescence désœuvrée

Avec Vera, on ne sait pas vraiment dans quelle époque nous sommes. Sonny est un pauvre gamin de quartier populaire, un ado paumé qui ne sait pas trop quoi faire de sa peau. Un gamin d’une famille sans le sou. De quoi alimenter les clichés sur l’Irlande, et ses images d’Épinal les plus coriaces. Le roman tourne autour de cette rencontre entre Sonny et Vera, ce qui en découlera, et les conséquences sur le quotidien de ce jeune homme.

Pour tout vous avouer, je n’ai pas vraiment été emballée par ce roman. La culture de clichés, certes réels en Irlande (mais aussi un peu partout ailleurs), cet ado tout mou qui a peur de tout et peur de rien, qui fume comme un bonhomme et boit du mauvais vin pour qui, pour quoi…
Au fil des pages, j’avais la sensation que l’auteur voulait toujours pousser un peu plus son lecteur vers l’empathie. Mais ce n’était pas possible. L’utilisation de la misère sociale pour toile de fond de roman doit se faire avec intelligence.

Là où ça coince

Et là je trouvais cela plutôt brouillon, entre le père qui bosse mais ne bosse pas, les frères qui refusent d’entrer en contact avec ce père, tout le monde sous le même toit et dans la même galère des fonds de poche régulièrement retournés en espérant retrouver une pièce. Des petits boulots qui ne rapportent pas grand chose, l’appel insistant de la mère pour savoir si tel ou tel travail a été payé à sa juste valeur.

Et puis il y a cette relation, présentée sur le bandeau rouge, selon The Guardian, comme « une histoire d’amour inoubliable ». En ce qui me concerne, je suis restée froide en suivant l’évolution de cette relation, car l’histoire donnait l’impression d’être factice, trop travaillée, rien de naturel.

En enfin, un point majeur à souligner : c’est quoi cette idée de construire la structure narrative en utilisant la 2e personne du singulier ! Depuis quand l’emploi du « tu » est une bonne idée pour construire son roman ?!

Au final, ce récit m’a laissé sur le bord de la route, à rager devant cet adolescent qui se fait toujours passer pour un victime, même quand il a bel et bien tort. Pour Vera, je n’ai pas eu l’empathie que l’auteur pensait certainement faire ressentir.
Bref, comme vous pouvez le constater, mon choix n’a pas été bon cette année pour cette nouvelle édition du #MRL17. Cela aura cependant été l’occasion de découvrir un nouvel auteur, et de partir un peu en Irlande, même si le voyage n’était pas des plus savoureux.

Merci à Price Minister et à ses marraines de l’édition 2017 pour ce nouvel échange autour de la rentrée littéraire, qui permet toujours de découvrir de nouveaux horizons littéraires.

mrl17

 

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5 commentaires sur “Vera, de Karl Geary

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