Bakhita, de Véronique Olmi

Elle a été enlevée à 7 ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverses le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.


Tout d’abord, désolée pour ces absences assez longues, qui sont la cause de quelques bouleversements du quotidien, d’une sinusite, d’une bataille de paperasses interminable pour – enfin ! – changer de lieu de vie, et un déménagement qui s’annonce dans les prochains jours ! Bref, autant dire qu’il est difficile de prendre le temps de vous parler de mes lectures sur cette page.

Pourtant, il y a des lectures qui méritent d’être partagées, à l’exemple de ce roman de Véronique Olmi, Bakhita, prix du roman Fnac à l’occasion de la rentrée littéraire 2017. J’avais lu un roman de cet auteur il y a quelques années, et je n’avais pas été du tout emballée. Mais quand Bakhita a été annoncé, le sujet a très vite suscité mon intérêt.

J’ignorais avant ce roman l’histoire de cette esclave devenue sainte, et la quatrième de couverture m’a donné l’envie de découvrir l’histoire de cette femme, présentée sous la forme d’un roman. Une femme qui, enfant, vivait au Darfour avec sa famille, dans les années 1870. L’époque où les villages pouvaient être la cible d’esclavagistes, prêts à enlever des enfants, et de jeunes filles pour s’enrichir. C’est le sort jetée sur la petite Bakhita, dont la sœur a déjà été raflée.

On suit avec effroi la longue marche de Bakhita, enchaînée, entourée d’autres esclaves détruits autant dans le corps que l’esprit. Les marchés aux esclaves, les exactions, la violence, la soumission.. Aucun détail n’est épargné et parfois certaines scènes sont d’une extrême violence. Mais pour contrebalancer cette noirceur, Véronique Olmi prend le temps de présenter la personnalité de Bakhita, son courage, sa douceur, même dans les moments les plus terribles de la vie.

Véronique Olmi, à La Grande Librairie :

Une leçon d’histoire

En évoquant le parcours de Bakhita jusqu’à sa béatification, Véronique Olmi parle d’un destin. Non pas celui d’une femme seule, mais de toute une population d’opprimés, dans un monde dirigé par le rapport de force entre les puissants et les pauvres.
Ce roman est l’exemple même de ces récits historiques qui ont le mérite d’apprendre des choses essentielles à celles et ceux qui redoutent de se plonger dans l’Histoire du monde, par le biais de manuels érudits et parfois opaques (l’ancienne étudiante en Histoire se souvient !)
Et dans une période où la politique, les groupuscules, les racistes, se permettent de classer le traitement de la misère sociale en fonction des origines des populations, il est de bon ton de rappeler ce que l’homme, notamment l’Européen a été capable de faire dans des temps pas si éloignés, pour des questions de couleurs de peau. Tout le monde ne sera pas sensible au message que ce genre de roman peut véhiculer, mais je me dis que parfois, un bon roman parle plus que des heures de discours savants.

Quelques semaines après la fin de ma lecture, je ne peux que vous inviter à découvrir ce roman édifiant, et enrichissant, à la découverte de Bakhita, cette jeune fille devenue trop vite une adulte, par la cruauté des hommes. Une femme solaire, dont l’innocence et le courage lui ont cependant permis de tenir jusqu’au bout, faisant d’elle le témoignage d’une époque terrible. Un roman qui me rappelle un peu un autre lu cet été, No home, de Yaa Gyasi.

Un nouveau roman lu dans le cadre du challenge 1% de rentrée littéraire, initié par Hérisson.

1% rentrée littéraire 2017

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7 commentaires sur “Bakhita, de Véronique Olmi

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