Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaitre

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.


Ce roman était certainement le plus attendu de cette rentrée littéraire de janvier 2018. En novembre ou décembre, j’apprenais que le roman Au revoir là-haut, qui a valu un Goncourt à Pierre Lemaitre en 2013, allait avoir une suite, et devenir même le premier tome d’une trilogie sur l’entre-deux-guerres en France.
Comme je suis du genre à avoir un train de retard dans mes lectures, je n’ai lu ce premier tome qu’au début de l’hiver, afin de pouvoir ensuite voir son adaptation au cinéma (j’en parle ici !). Et j’avais tellement aimé ce roman, que, finalement, je redoutais la lecture du second tome.

Je me suis lancée dès la sortie de Couleurs de l’incendie, afin de préparer une interview de l’auteur, pour sa venue à la librairie havraise La Galerne (interview ici !).

Vengeances et heures sombres

lemaitre
Pierre Lemaitre au Havre (Crédits : Les quotidiennes de Val)

Tout d’abord, je confirme le fait que Pierre Lemaitre est un incroyable conteur. Il nous entraîne dans une histoire folle, pleine de rebondissements, et de coups d’éclat.  Alors que ce roman pèse plus de 500 pages, c’est un page-turner qui donne envie d’aller toujours plus loin, pour savoir.

Pour ce second volet, il ne ménage pas ses personnages. Madeleine passe de la richesse à la quasi-pauvreté, perdant l’héritage de son banquier de père, dans une période où elle ne pouvait même pas signer un chèque, juste parce qu’elle était une femme. Le monde change, la crise financière n’est pas loin, tandis que les extrêmes se forgent petit à petit une place à la tête de pays d’Europe. Pendant ce temps-là, en France, les politiques promettent d’en finir avec l’évasion fiscale, mais ferment les yeux sur les spéculations de voisins et/ou amis.
De multiples personnages défilent sous nos yeux, avec leurs secrets, leurs espoirs, leurs travers… Le tout avec une pointe d’ironie de la part de l’auteur, qui donne l’impression de s’être beaucoup amusé à écrire ce récit. Des personnages tels que Vladi, ou la cantatrice (quel personnage dramatique !).

Une époque cependant bien sombre, qui déteint sur le contenu de ce roman, qui, lui-même, est forgé par une noirceur plus prégnante par rapport à Au revoir là-haut. La vengeance devient un moteur majeur dans l’évolution de ce récit. De multiples intrigues se mêlent avant que, progressivement, l’écheveau se dénoue, pour aboutir à une fin réglée au millimètre.

Alors certes, ce roman a de très bons côtés, avec un contexte historique parfaitement dressé, des rebondissements qui tiennent en haleine, des personnages pour la plupart attachants… mais je n’ai pas su retrouver l’enthousiasme que j’avais ressenti avec le premier tome.
Je reconnais avoir lu ce roman dans une période plutôt difficile, entre fin d’emménagement, reprise du boulot et autres. Mais, il m’aura manqué ce petit truc qui me fait dire que c’est un chef d’œuvre, un coup de cœur.
Je reconnais qu’à la lecture des multiples articles de presse et de blogs, je me fais l’effet d’un ovni, et je me demande si je n’ai pas tout simplement loupé quelque chose durant ma lecture. Tant pis…

Cela ne m’empêchera pas, par contre, de lire le troisième tome de la trilogie, qui permettra de retrouver la petite fiancée d’Édouard, dans le tome 1, et que je trouvais adorable.

VIDEO. Pierre Lemaitre parle de Couleurs de l’incendie, à La grande librairie :

Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaitre
Albin Michel, 544 pages, 22,90 euros

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5 commentaires sur “Couleurs de l’incendie, de Pierre Lemaitre

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  1. C’est bien aussi de lire d’autres avis sur ce roman, c’est vrai qu’on en entend beaucoup de bien mais justement, tu en attendais peut-être trop (ça m’a fait un peu ça aussi avec « Arrête avec tes mensonges » même si au final il ne m’a pas déplu) les avis positifs étaient tellement nombreux que je m’attendais à un vrai coup de coeur…

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    1. Je n’ai pas eu vraiment le temps de lire une multitude d’avis car je l’ai lu quasiment dès sa sortie… mais l’ambiance post-grande guerre était tellement bien, et son duo tellement fort et génial à suivre… je suis malgré tout impatiente de lire le dernier volet !

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