Par amour, de Valérie Tong Cuong

Par amour, n’importe quel être humain peut se surpasser. On tient debout pour l’autre plus encore que pour soi-même.

V.T.C.

Valérie Tong Cuong a publié dix romans, dont le très remarqué Atelier des miracles. Avec cette fresque envoûtante qui nous mène du Havre sous l’Occupation à l’Algérie, elle trace les destinées héroïques de gens ordinaires, dont les vies secrètes nous invitent dans la grande Histoire.


Nouvelle découverte en ce début de mois de mars 2018, aux côtés de l’auteur havraise Valérie Tong Cuong. Connue de nom, je n’avais pas encore eu l’occasion de me plonger dans un de ses romans.

C’est désormais chose faite, avec Par amour, son dernier roman. Un roman qui a une particularité pour moi, celle de se dérouler principalement dans la ville où je vis, Le Havre. Le roman nous entraîne, dans une ville que les personnes nées après 1944 n’ont jamais vu. Une ville encore épargnée, pour peu de temps, par les bombes alliées qui finiront par raser le centre-ville, et entraîner une transformation complète de la ville basse, grâce à l’architecte Auguste Perret.

Mais pour l’heure, nous n’en sommes pas là. Nous sommes au début de la Seconde Guerre mondiale. Les habitants de la ville, surtout des femmes, des enfants, et des vieillards, quittent leur domicile pour tenter d’échapper à l’invasion allemande, qui s’annonce imminente. C’est l’Exode. Les ragots vont bon train, et les pires horreurs s’imposent à l’esprit des Havrais, tentant de fuir les abominations infligées par l’occupant. Pendant ce temps-là, l’armée française bat en retraite, fuit l’infanterie et les tanks allemands.
Nous suivons ce périple vers le bac de Seine et la Basse-Normandie à travers le regard de Lucie, Muguette, Emélie… Un roman choral qui nous fait progressivement avancer dans les sombres heures de l’Occupation, par la voix de huit personnages, deux mères, quatre enfants, un père, un ami… et qui, chacun, dresse le portrait de cette triste période.

Survivre à l’Occupation

On croit toujours avoir tout lu sur cette période, et pourtant on en redemande. Le fait que tout commence au Havre avait une résonance pour moi. Je voulais retrouver les images de cette ville dont je ne peux découvrir les bâtisses d’avant-guerre que par des cartes postales et photos d’archives. Du Printemps d’avant l’Occupation, de l’Hôtel de Ville, il ne reste plus rien. Pour l’ambiance de cette ville, identique à bien d’autres à l’époque, j’ai trouvé le récit accrocheur.

La particularité de ce roman, c’est l’évocation d’un sujet méconnu de cette période (incroyable !) : l’envoi des enfants de l’Hexagone en Algérie pour tenter de les protéger des bombardements, arrachant des centaines et des centaines d’enfants de leurs parents, du jour au lendemain. C’est un fait que je ne connaissais pas, et qui m’a incroyablement surpris. Mais après tout, les Anglais envoyaient bien leurs enfants à l’autre bout du pays…

Il y a la résignation de populations accablées, cherchant juste à survivre. La volonté de lutter, ou au contraire de collaborer. De se battre pour soi et ses proches. Il y a aussi, cette tuberculose dévastatrice, la délation…

Approfondissez svp !

Mais voilà, face à cette richesse de thématiques, j’ai l’impression d’avoir tout effleuré, survolé. La survie dans une ville comme Le Havre en temps de guerre, l’envoi de ces enfants en Algérie, les bombardements, ce que l’on est capable de faire par amour pour son époux, ses enfants, sa sœur… tellement d’éléments pouvaient faire de ce roman quelque chose de très fort. Pourtant, la situation de chacun des personnages, je pense notamment aux enfants traversant la Méditerranée pour intégrer une nouvelle famille, la lutte d’une mère pour surmonter sa tuberculose… j’ai l’impression d’avoir tout survolé, vu le tableau d’ensemble d’en haut, sans jamais pouvoir me plonger complètement dans ces tranches de vie.

Une sensation que je regrette, car toutes ces idées pouvaient faire de ce roman un texte incroyablement fort. Je n’y ai retrouvé qu’une vague empathie, pour des personnages qui, finalement, sont un peu transparents. Si ce roman se lit bien et vite, je pense malheureusement qu’il sera aussi vite oublié…

Par amour, de Valérie Tong Cuong
éditions JC Lattès, 416 pages, 20 euros
ou Le Livre de poche, 384 p., 7,60 euros

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