1984, de George Orwell

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.


J’ai une histoire particulière avec ce roman (mais pas non plus des plus originales, je vous préviens !). Acheté en 2007 (ticket de caisse resté, je ne sais pourquoi, dans le livre), je l’avais très vite débuté… pour ne jamais le finir. C’était à une époque où je ne lisais pour ainsi dire jamais de romans classiques, il représentait alors ces lectures qui me faisaient un peu peur, du fait de leur notoriété. J’étais alors plutôt du genre à choisir le Journal de Briget Jones, ou encore L’accro du shopping. Si, si ! Et d’ailleurs, pour ne rien vous cacher, le fameux ticket de caisse me rappelle que j’ai acheté un livre de Kinsella en même temps qu’Orwell. dommage que je ne me souvienne pas de la tête du libraire, à l’époque.

Bref, un roman qui avait été abandonné, le marque-page toujours figé à l’endroit précis de ce lâche abandon, dû à un flottement dans le récit qui a finit par m’ennuyer, et me donner l’envie d’aller ailleurs.

Et dix ans plus tard, le revoilà entre mes mains, grâce à la lecture commune proposée par Yuko. Je me suis dit que c’était l’occasion idéale de donner une nouvelle chance avec ce roman culte.

Tort de penser

« Bienvenue » en Océania, dans la ville de Londres. Une Londres impossible à identifier, tant son univers est différent. George Orwell nous plonge très vite dans un monde sombre, où la population semble vivre dans un régime totalitaire où toute liberté, toute fantaisie, tout plaisir est interdit, au risque d’être « vaporisé », autrement dire, de disparaître de la circulation, pour ne jamais revenir.

On ne sait pas trop ce qui a entraîné l’installation de ce régime. À chaque angle de rue, Big Brother veille sur la bonne tenue de sa population, par des affiches partout, mais aussi des télécrans dans les domiciles, des micros partout. Le moindre faux ps est synonyme d’arrêt de mort, la moindre pensée contre le régime semble détectée et la promesse d’une interpellation instantanée. Un univers sombre, dans lequel on plonge, aux côtés de Winston, un homme d’un âge assez indéterminé qui doute sur ce système, et s’interroge sur le passé que tous s’efforce d’effacer de nos mémoires.

Une dystopie… pas si éloignée de la réalité !

Alors, oui ! Tout cela parait gros, irréel et poussé, au premier abord. Mais dans le fond, n’a-t-on jamais cette impression que la vérité est camouflée. Que je ne sais combien de problèmes ou de risques sont cachés à la population par des paroles arrangeantes et cajoleuses, qui donnent une impression de sécurité.

Car oui, quand un chef d’État décide de bombarder un autre pays, même dirigé par un dictateur, sans avoir demande l’approbation de son parlement élu par le peuple, ça pose problème. Quand on fait croire que telle catégorie de population pose problème, pour mieux en privilégier une autre, c’est un problème. Ces exemples et tant d’autres sonnent comme une confirmation de la volonté de cacher le vrai sens des choses, pour agir à sa convenance.

Alors non, nous ne vivons pas dans ce monde exempt de toute forme de liberté que nous présente George Orwell, mais cet auteur, mort en 1950, était un visionnaire qui a su poser le doigt sur des sujets à controverse. Et oui, c’est angoissant à souhait au fil des page.

J’ai retrouvé cette longueur qui m’a fait dire stop il y a quasiment dix ans, mais je tenais à avancer, et à connaître le fin mot de cette histoire, espérant, peut-être une conclusion heureuse.
Je garde de ce roman une passionnante réflexion sur notre monde et ses dérives, et la preuve que ce qui peut faire partie de notre quotidien et qui nous est cher n’est pas acquis pour toujours. Ces libertés sont à protéger, pour soi, et pour les autres.

Un bon moment de lecture, donc (même si angoissant !). Merci Yuko de m’avoir remis le pied à l’étrier (son avis de lecture se trouve ici !).

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12 commentaires sur “1984, de George Orwell

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  1. Je te rejoins tout à fait en ce qui concerne les longueurs (surtout vers la fin alors que le début était franchement rythmé), mais comme toi, je suis contente d’avoir terminé cette lecture parce que je sais qu’elle me marquera d’une façon ou d’une autre 😉
    Egalement ravie de cette LC (vivement la prochaine ^^) bises

    Aimé par 1 personne

  2. Hey coucou et bien heureusement que tu n’as pas lu le Cercle juste après parce que c’est aussi déprimant / frappant de réalité ! Il faudrait que je le relise à l’occasion, je l’avais lu en anglais fin de collège il me semble, mais je me demande si ce n’était pas une version abrégée, parce que je ne me souviens pas de longueurs.

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