Les contrées sauvages, de Jirô Taniguchi

Véritable périple à travers les grands espaces, des montagnes japonaises aux étendues de l’Ouest américain, cette anthologie en deux tomes donne à voir une facette encore méconnue en France de l’œuvre de Taniguchi : l’époque où, nourri de bande dessinée européenne, il s’essayait avec succès à la BD de genre en y insufflant ce qui est aujourd’hui encore sa marque de fabrique : un immense talent de raconteur d’histoires.


Pour ceux qui me connaissent de mon précédent blog, ou via les réseaux sociaux, ce n’est pas un secret : je suis une fan des mangas de Jirô Taniguchi. Fan qui n’a pas encore lu l’entière bibliographie de ce mangaka disparu en février 2017, à ma grande tristesse.

C’est en faisant un tour en bibliothèque que je suis tombée sur les deux volumes de cette anthologie. Un format différent, qui réunit des courtes histoires que le mangaka a imaginé entre 1975 et 1986, au gré des récits qu’il entendait, des anecdotes dans lesquelles la nature avait toute sa place.

Un hymne à la nature sauvage

Dans ces deux ouvrages, 16 courtes histoires mettent en scène l’homme et la nature. Comme il est évoqué en préface : « La grande majorité de ces récits a pour personnage principal une Nature implacable, remettant inlassablement à sa place une humanité orgueilleuse et présomptueuse. »

Et c’est là ce que pouvait représenter à mes yeux la magie Taniguchi. La Nature n’est pas un simple élément de décor, une plante ou un animal de passage entre deux planches : elle est au centre de ses récits. Sauvage, majestueuse et impressionnante. Impressionnante, mais menacée par la bêtise de l’homme, qui se croit encore et toujours le maître du monde. Des montagnes du Japon au grand Ouest américain, l’homme n’a de cesse de vouloir afficher as supériorité et son pouvoir sur la nature. Mais cette dernière a de la ressource, et se venge, inlassablement.
Outre la Nature, Jirô Taniguchi s’intéresse aussi, notamment dans le premier volume, à la place de l’homme, et notamment des tribus présentes depuis toujours sur des territoires, face à la volonté expansionniste de ceux qui veulent « civiliser » des territoires au détriment des populations locales et des animaux sauvages.

Morale

D’un récit à l’autre, l’auteur met en garde l’homme, l’invite à surveiller ses actes au risque de subir la vengeance d’une nature qui n’admet pas des morts inutiles.
Chaque récit est teinté de violence. Violence contre des tribus indiennes, contre des ours géants, l’homme… Au fil des pages, le lecteur a la sensation de découvrir un peu plus des idéaux du mangaka. Un homme qui semblait avoir un profond respect pour cette nature qu’il retranscrit tellement bien au fil de ses récits. Les animaux, les paysages, mais aussi les expressions faciales de ces personnages. Tout est là pour permettre au lecteur de vivre de grandes émotions. De la peur, du dégoût, de l’admiration, et de l’humilité.

Car oui, cette anthologie est une invitation à plus d’humilité à l’encontre de la nature, et de ce qui est. C’est un manga à lire (comme tous les mangas de Taniguchi certainement), mais qui peut heurter. Certaines scènes sont violentes. Mais tellement réalistes.

Les contrées sauvages (deux volumes), de Jirô Taniguchi
Casterman Sakka, 240, et 264 pages, 13,95 euros le volume

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