Aucune pierre ne brise la nuit, de Frédéric Couderc

Dans un musée du Havre, la rencontre entre Gabriel et Ariane n’aurait pas dû avoir lieu – lui le réfugié argentin, elle la femme de diplomate. Mais devant la mystérieuse toile d’un peintre de Buenos Aires, les fantômes du passé resurgissent, tout comme les ombres de la passion. À l’heure où les enquêtes sur les trente mille disparus sous la dictature reprennent, chacun s’embarque alors dans une quête où la vérité menace d’être plus dévastatrice encore que le mensonge…
Porté par un souffle romanesque puissant, Aucune pierre ne brise la nuit explore les cicatrices infligées par la junte militaire, et rend hommage aux victimes sans sépulture.


Rendez-vous en terre inconnue, avec ce roman et cet auteur que je ne connaissais pas jusqu’au jour où j’ai trouvé ce roman sur mon bureau. Le résumé pouvait promettre beaucoup de choses : un regard intéressant sur sa ville, pour débuter, un épisode de l’histoire de l’Argentine à découvrir, une enquête sur un passé flou…

Les ingrédients étaient donc nombreux pour me donner l’envie de lire ce roman au titre plutôt poétique. Et là, c’est le drame…

Poncifs et amourette

On commence par l’introduction qui se passe au Havre. Pourquoi Le Havre, déjà ? Pour une exposition au MuMa, qui présente des œuvres d’Argentine.Les descriptions des lieux sont plutôt précises, presque de la lecture d’images… Jusqu’à ce qu’Ariane se fasse traiter de « sale youpine » par des skins squattant l’entrée du musée… Et là, je me demandais dans quoi j’allais m’embarquer. Peut-être l’auteur a-t-il vu un vieux reportage sur la « grande » époque où la ville abritait une bonne concentration de skins, je ne sais pas. Mais là, ça tombe un peu de nul part, sans trop savoir pourquoi (à part trouver un moyen de réunir les deux personnages principaux ?!)

Et bien évidemment, il faut que ces deux personnages se trouvent une histoire commune autour de leur passé de l’Argentine, le hasard est quand même bien fait. Et il faut -évidemment !- que tous deux se désirent. Et bien entendu, tout en ayant des dilemmes autour de leur passé.

Je ne vais pas enfoncer plus encore ce roman, d’autant que le sujet initial était vraiment intéressant : les disparus de l’Argentine quand la junte militaire a pris le pouvoir. C’est une période dont je ne connais pas les événements. Dans notre Histoire auto-centrée sur elle-même, il n’est jamais question des pays qui ne sont pas nos voisins directs, voire de l’Union européenne. Alors l’Argentine, pensez-vous !

Les Grands-mères de la place de Mai

Pour l’écriture de ce roman, l’auteur a indéniablement fait de nombreuses recherches autour de l’histoires des enfants disparus, et des Grand-mères de la place de Mai, ces femmes qui luttent pour retrouver la trace de leurs enfants et petits-enfants disparus durant la dictature. Ces recherches ont notamment permis à certaines d’entre elles de retrouver des petits-enfants arrachés à leurs parents pour être élevés par des « dignitaires » de la junte.

C’est un sujet qui méritait tellement un meilleur écrin ! J’ai trouvé le récit maladroit, avec des personnages sans attrait ni intérêt véritable. Je pense avant tout à Ariane, qui se réveille on-ne-sait-comment et qui est persuadée que sa fille adoptive est une de ses enfants volés alors que son mari était diplomate en Argentine au moment de la domination militaire.
Gabriel quant à lui traîne la mémoire d’une petite amie disparue depuis plus de 20 ans, qui pense à elle, l’oublie dans les bras d’une autre, puis à de nouveau des scrupules, qui veut savoir ce qu’elle est devenue, qui ne veut plus savoir… roh la la !

Aussitôt lu, aussitôt oublié à mon avis. Si j’ai tenu jusqu’aux dernière pages pour donner une chance au récit de bien se conclure, je suis restée au final sur une impression de rendez-vous manqué, un mauvais rencard à oublier vite avec un autre. Dommage.

Aucune pierre ne brise la nuit, de Frédéric Couderc
Éditions Eloïse d’Ormesson, 320 pages, 19 euros

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