Les altruistes, d’Andrew Ridker

Les Alter forment une famille presque comme les autres : névrosée, aimante, empêtrée dans ses contradictions. Arthur, Francine et leurs enfants – Ethan et Maggie – sont les héros de cette saga qui élève la comédie au rang d’art. Sous les coups de griffes, le roman interroge la notion de bien à notre époque et prend le pouls de la nature humaine : qu’est-ce qui fait une vie ? Quand peut-on dire qu’on a réussi la sienne ? Comment survivre aux désillusions, au couple, à la mort d’une mère adorée, aux repas qui s’éternisent ou à une bar-mitsva ?


Aujourd’hui je vous parle d’un primo-romancier américain. Andrew Ridker est d’ores et déjà porté aux nues dans la presse spécialisée. Le nouveau Roth, le nouveau Franzen… Des images pesantes, j’imagine, pour un nouvel auteur sortant son premier ouvrage… et complètement vides de sens pour une lectrice comme moi qui n’a jamais lu ces deux écrivains américains (on ne me frappe pas !).
Je ne suis pas sûre en tout cas que j’aurais tenté de lire ce roman sans le Grand Prix des lectrices ELLE. J’ai toujours du mal avec ces comparaisons dithyrambiques qui sont distillées comme des arguments imparables.

Affaires de famille

Bref, nous voici donc aux États-Unis, aux côtés des membres de la famille Alter. Une famille étonnante et déstabilisante, à en juger par le prologue de quelques pages. Une séance de thérapie de couple déroutante dans une maison où le feu se déclare, sous le regard désabusée de la mère et des enfants. Ceci, avant de faire un bond en avant pour retrouver les enfants de cette famille à l’âge adulte. La mère est décédée, le père toujours à se galérer avec quelques modestes heures de cours dans une université où il ne percera jamais.

Le roman dévoile rapidement les rapports conflictuels entre les membres restants de cette famille, qui semble Ô combien divisée et peu disposée à se ressouder. Les deux enfants, adultes, semblent brisés par un mal qui les ronge, le père veut sauver cette maison pour laquelle il s’endette, comme le dernier vestige de sa vie qu’il estimait autrefois heureuse…
Il est question d’argent, d’héritage et de liens familiaux, ou tout du moins ce qu’il en reste. À quel moment est-il possible de montrer à ses enfants que l’on refait sa vie ? Est-il possible d’aider son père malgré cette trahison qui entache l’histoire familiale ?

Secrets et atermoiements

Difficile de dire que j’ai apprécié cette lecture. En effet, si le sujet de fond autour du lien familial qui s’étire et de déchire, parfois, il était compliqué pour moi d’avoir de la sympathie pour les différents protagonistes de ce récit. Notamment le père, Arthur, qui peut passer au premier abord pour un « pleutre », mais qui cache aussi au plus profond de lui un échec et une blessure qu’il semble ne jamais totalement accepter, bien des années après les faits. Le fils, Ethan, surendetté et mal dans sa peau, serait bien celui qui me faisait le plus de peine (légitimement me direz-vous !).

Au final, c’est une lecture en demi-teinte pour moi. J’ai eu la curiosité de lire jusqu’au bout car je sentais que le final du roman me donnerait des réponses à nombre de questions. Cette famille est cabossée mais somme toute assez normale. Des non-dits, des secrets, des rancœurs… Andrew Ridker distille progressivement les éléments qui permettent de définir les causes des points de rupture et les fêlures entre les différents membres de cette famille commune.

Mais malgré tout cela, si des réponses arrivent progressivement, il manque malgré tout ce petit truc qui fait que le lecteur a envie de suivre les personnages jusqu’à pas d’heure, en grappillant quelques minutes de sommeil au profit de quelques pages lues supplémentaires.
Je n’ai jamais lu ni Roth ni Franzen et je ne peux donc pas dire si ces comparaisons sont justifiées ou exagérées. Ma seule certitude, c’est bien que Les altruistes n’est pas le coup de cœur annoncé sur la quatrième de couverture et dans les critiques. Je suis globalement restée sur ma faim. Dommage.

Un roman lu dans le cadre du Jury de septembre du Grand Prix des lectrices ELLE.

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Les altruistes, d’Andrew Ridker
Éditions Rivages, 432 pages, 22 euros

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