À sang perdu, de Rae DelBianco

Depuis la mort de leur père, Wyatt et Lucy vivent isolés sur le ranch familial de Box Elder, Utah. Jusqu’au matin où leur troupeau de bétail est décimé par une gamine sauvage au regard fiévreux, un semi-automatique dans une main, un fusil de chasse dans l’autre.
rendu fou par la perspective de perdre la terre de ses ancêtres, Wyatt s’engage dans une course-poursuite effrénée : douze jours à parcourir sans relâche un monde cauchemardesque, peuplé de motards junkies, de cartels de drogue sanguinaires et de coyotes affamés, au risque de s’éloigner à jamais de la seule personne qu’il ait jamais aimée.


On continue dans les comparaison avec des auteurs de renommée internationale. Je vous avais récemment parlé d’Andrew Ridker comparé à Philip Roth avec son roman Les altruistes. Il n’est pas le seul, dans cette rentrée littéraire, à voir reposer sur ses épaules le poids du succès d’autres écrivains. Rae DelBianco est également concernée. Jeune auteure américaine, elle représente pour les critiques la nouvelle Cormac McCarthy ! Bon, quand on a lu La route de McCarthy, on se dit qu’on ne va pas beaucoup rigoler… Et à juste titre !

Western du XXIe siècle

Ne vous laisser pas surprendre par l’apparence douce et le regard clair de Rae DelBianco et ne vous attendez pas à une lecture paisible. Avec son premier roman, À sang perdu, édité chez Seuil, elle use des classiques des thrillers à l’américaine et provoque des moments de tension extrême qui donnent le frisson au lecteur.

Nous sommes dans un ranch de l’Utah. Il fait chaud, les conditions sont rudes et les déserts brûlants. Sous nos yeux ne défilent pas les images typiques de brochures touristiques, mais plutôt des paysages cauchemardesques, qui assèchent et qui donnent soif. Et dans cet univers vivent un frère et une sœur, dans un ranch décrépi qui leur permet à peine de vivre. Et, dès les premières pages, la tension monte d’un cran. Des tirs retentissent, Wyatt est blessé et voit sous ses yeux du bétail tomber sous les balles. La responsable, une très jeune femme sans nom, la fille. Rattrapée, puis en fuite à travers le grand vide américain. Commence alors une course-poursuite qui révélera toute la dureté de l’espèce humaine.

Le lecteur retrouvera dans ce récit les différents codes du thriller à l’américaine, du suspense, de la tension, de l’hémoglobine. Le mal rôde partout et, finalement, il est difficile de ne pas désespérer devant les horreurs commises par l’humanité. La vie est un combat,un combat à mort, pour arriver à atteindre ses objectifs. De la première à la dernière page, Rae DelBianco fait en sorte de tenir son lecteur en haleine par un rythme aussi sec qu’effréné.

Une copie (trop) propre

Je suis partie avec un très bon a priori sur ce roman. Quatrième de couverture prometteuse, profil de l’auteure enthousiasmant… Alors que j’étais en vacances dans les paysages magiques de la Suède, mon imaginaire rampait dans le désert de l’Utah à la chasse d’une fille insaisissable, puis en prise avec un cartel de la drogue particulièrement bien huilé.

Si je disais plus haut que l’auteure maîtrisait les codes du thriller U.S., j’ai cependant regretté, au fil des chapitres, ce manque de fluidité typique des récits pour lesquels les auteurs s’appliquent tellement à être bons, que cela en devient presque artificiel.

Il m’a manqué une certaine forme de spontanéité, un peu comme si l’auteur se laissait emporter par ces situations qui, dans le cas présent, s’enchaînent sans savoir jusqu’où cela peut bien mener. J’ai eu du mal à m’accrocher au récit de vie de Wyatt et de sa sœur, avant l’arrivée de la Fille. Une certaine lassitude a fini par se faire sentir et j’étais heureuse d’en finir, dans la dernière ligne droite.
Ce que je retiendrai de ce roman, au final, c’est la personnalité sombre et mystérieuse de La fille. Un personnage improbable et incroyable…

Quelqu’un d’entre vous a lu ce roman ?

Une lecture réalisée dans le cadre du Grand Prix des lectrices Elle 2020.

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À sang perdu, de Rae DelBianco
Éditions Seuil, 336 pages, 21,50 euros

4 commentaires sur “À sang perdu, de Rae DelBianco

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