Dévorer le ciel, de Paolo Giordano

 

Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s’appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont « ceux de la ferme » d’à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs.
Teresa l’ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l’unissant à ces trois « frères » pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspirations et désillusions. Fascinée par Bern, personnage emblématique et tourmenté, viscéralement attaché à la terre somptueuse où il a grandi, elle n’hésitera pas, malgré l’opposition de sa famille, à épouser ses idéaux au sein d’une communauté fondée sur le respect de la nature et le refus du monde matérialiste, à l’image de la génération des années quatre-vingt-dix, tiraillée entre le besoin de transgression et la soif d’appartenance, mais entièrement tendue vers l’avenir, avide de tout, y compris du ciel.


Avez-vous déjà eu des appréhensions alors que vous vous retrouviez avec un livre en particulier entre les mains ? Ce fut mon cas il y a quelques semaines, à la réception de ce volume sélectionné dans la catégorie roman du Grand Prix des lectrices 2020, jury d’octobre. Pourquoi ? L’auteur est italien. Et ne me demandez pas pourquoi, mais je n’ai jamais véritablement accroché avec les quelques romans italiens lus ces dernières années. L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante (on ne me frappe pas !), Soie d’Alessandro Baricco (pas ma faute !) ou encore Canal Mussolini d’Antonio Pennacchi (quelqu’un a fini ce roman ?) et L’amour est à la lettre A de Paola Calvetti… On ne dira pas que je n’ai pas essayé ! Et toujours cette lassitude au fil des pages, un manque d’attachement et d’intérêt pour les personnages…

Mais voilà, le Grand Prix des lectrices est l’occasion de nous lancer des défis personnels, et donc, pour moi, de donner une nouvelle chance à la littérature italienne, avec ce dernier roman de Paola Giordano.

Nous sommes dans les Pouilles. Tout au long du récit, nous allons naviguer dans la vie de Teresa et de trois jeunes hommes, Nicola, Bern et Tommaso, de leur première rencontre un jour d’été sous la chaleur de l’Italie, jusqu’à leur âge adulte. C’est l’histoire des passions dévorantes de l’adolescence, des croyances et des aspirations à créer un meilleur monde.
Au fil des années, ces jeunes gens grandissent et se forgent des opinions, des caractères et, petit à petit, se dévoilent les personnalités de ces quatre personnages. Durant 20 ans, les aspirations des uns remporteront l’adhésion mais aussi la résistance voire le désamour des autres.

La loi de la nature

Le problème de choisir d’écrire sur une lecture réalisée il y a plusieurs semaines, c’est qu’il faut arriver à se remémorer les détails du récit. Car oui, cette lecture n’a pas été exceptionnelle pour moi et n’a pas su me réconcilier avec la littérature italienne.

Pour tout vous dire, j’ai failli lâcher l’affaire au premier tiers du récit. Je n’arrivais pas à m’attacher aux personnages (ce que je n’ai jamais pu faire jusqu’à la fin du récit d’ailleurs !). Le passage évoquant les frasques sexuelles des trois frères avec une junkie, les trois en même temps, m’a fait frémir et je me demandais vraiment où cela allait bien me mener pour la suite. Puis, comme je prends le trains tous les jours pour aller bosser, j’ai eu la possibilité de reprendre cette lecture avec plus d’attention durant mes deux heures de transport et, finalement; en finir avec ce récit.

J’ai fini par me prendre au jeu et à vouloir en savoir plus sur les relations entre Teresa et Bern, l’engagement de la jeune fille dans une communauté prônant une agriculture responsable et un meilleur respect de l’environnement. L’auteur a plus d’un tour dans son sac, au final, et a réussi à m’accrocher jusqu’au final du roman.

Cependant, cela ne suffira pas pour me donner l’envie de rendre un avis enthousiaste sur ce roman. Des longueurs interminables, des atermoiements, des scènes vraiment pas indispensables à la bonne tenue du récit. Si certains aspects de l’histoire de ces quatre jeunes gens étaient intéressants, le roman dans sa globalité était à mes yeux flou, aisément oubliable et vraiment pas enthousiasmant. Je dirais que ce que j’ai le plus apprécié dans ce récit, c’est tout ce qui tourne autour de la protection d’une agriculture traditionnelle et responsable, ainsi que l’engagement de jeunes pour préserver une nature menacée, dès les années 1990. Mais bon… Le croyez-vous si je vous dis que, un mois après l’avoir terminé, je ne me souviens même pas de son final ? Pas terrible non ?

Un roman lu dans le cadre du Grand prix des lectrices ELLE 2020, faisant partie d’une sélection d’octobre décidément pas des plus passionnantes.

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Dévorer le ciel, de Paolo Giordano
Éditions Seuil, 464 pages, 22,50 euros

2 commentaires sur “Dévorer le ciel, de Paolo Giordano

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  1. Je n’ai pas beaucoup aimé « la solitude des nombres premiers », alors je ne me lancerai pas dans celui-ci. En littérature italienne, essaie plutôt Mario Rigoni Stern, c’est d’une autre niveau.

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