Une famille presque normale, de M. T. Edvardsson

Adam Sandell est un pasteur respecté dans la petite ville de Lund, en Suède. Sa femme, Ulrika, est une brillante avocate. Leur fille, Stella, 19 ans, s’apprête à quitter le foyer pour faire un road trip en Asie du Sud-Est. C’est une famille normale, une famille comme les autres. Et comme toutes les familles de la ville, les Sandell sont horrifiés quand un important homme d’affaires, Christopher Olsen, est retrouvé assassiné. ils le sont plus encore quand ils découvrent que Stella a été arrêtée. Comment pouvait-elle connaître Olsen, et quelles raisons auraient pu la pousser à le tuer ?


Quelle joie d’apprendre que ce polar faisait partie de la sélection du Grand Prix des lectrices ELLE, et encore plus quand j’ai su qu’il avait été choisi par les jurés de janvier dans la catégorie polar. Dès sa sortie, il me faisait de l’oeil sur les tables de ma librairie et j’ai même faille l’acheter début décembre dernier, pour le reposer in-extremis en ayant un doute sur sa sélection, justement, par le jury ELLE (ouf !).

M.T. Edvardsson présente ici son premier roman traduit en France, dans une maison d’édition qui ne m’a offert, pour le moment, que de bons moments de lecture, avec notamment 1793 du Suédois Niklas Natt och Dag ou encore le formidable Mon territoire de Tess Sharpe.

Un récit en trois temps

Retour donc en Suède, dans la ville de Lund, située au sud-ouest du pays, non loin de Malmö. Le roman s’ouvre dans le tribunal de la ville. Adam Sandell, pasteur, s’apprête à témoigner devant la cour lors du procès de sa propre fille suspectée d’être la meurtrière d’un homme d’affaires. Nous ressentons la tension d’un père ne voulant croire à ce malheur et prêt à défendre sa fille assise au banc des accusés.
Ce prologue est ensuite suivi par un récit en trois temps, proposant de démêler cette affaire complexe en s’appuyant sur les ressentis, les doutes et opinions de chacun des trois membres de cette famille « presque normale » : le père, la fille et enfin la mère.

Chacun évoluera sous nos yeux dans les derniers jours précédent le meurtre, durant l’enquête puis au tribunal. Chacun avec ses pensées, ses doutes, ses actes qui feront que, à tout de rôle, nous pencherons plus sur l’un ou l’autre pour déterminer le coupable véritable dans cette affaire. Car dès le début, le père, Adam, affirme une chose : il est impossible que sa fille soit la meurtrière. Mais qui, alors ?  Sa copine, Amina, qui semble si mal depuis l’interpellation de Stella ? Quels sont les véritables rapports entre sa fille Stella et cet homme plus âgé qu’elle qui ne semble avoir, a priori, aucun lien, et qui trempe dans des affaires louches ?

Comment doit réagir Ulrika, la mère, avocate reconnue mais qui ne semble trouver les mots pour aider à la défense de sa fille. Stella n’a-t-elle pas démontré qu’elle pouvait être sujette à des réactions violentes et quasi hors de contrôle ? Est-elle véritablement coupable, est-elle innocente ?
Dans ce polar, l’auteur joue avec talent sur ce doute qui nous assailli tous quand il s’agit de dire si nous connaissons parfaitement l’autre, ce membre de la famille, ou cet ami d’enfance. Une question sera centrale : peut-on dire connaître véritablement une personne ?

Du suspense jusqu’au bout

Si cela fait déjà quelques semaines que j’ai lu ce roman, je retiens encore aujourd’hui cette sensation d’être dans un certain brouillard et de devoir me méfier de tous ces personnages qui gravitent autour de l’enquête. Qui est victime ? Qui est coupable ? La valeur ajoutée de ce polar est la capacité de l’auteur à développer la psychologie de chacun des membres de cette famille en les rendant toujours plus complexes, plus cachés qu’il n’y paraissait au premier abord. Et à chaque nouvelle révélation, le doute nous assaille sur la culpabilité de l’un ou de l’autre. J’essaie d’arrêter de poser mille questions dans ce billet mais c’est difficile car moi-même, durant ma lecture, je me les suis véritablement posées, sur la culpabilité de la fille, la responsabilité du père, les cachotteries de la mère, l’implication de l’ami ou encore la personnalité de la victime. Tout le monde y passait et c’est quelque chose que j’ai vraiment aimé dans cette lecture, me faire bousculer dans mes (multiples et variées) convictions sur la culpabilité d’untel ou untel.

Et pour couronner le tout, vous ne saurez rien avant les dernières lignes du récit… c’est juste machiavélique non ?!

Pour celles et ceux qui pensent avoir raison, comme celles et ceux qui doutent toujours d’avoir la solution, je ne peux que recommander ce roman, qui nous mène par le bout du nez !

Un polar lu dans le cadre du Grand Prix des lectrices ELLE 2020, sélection de janvier.

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Une famille presque normale, de M. T. Edvardsson
Sonatine Editions, 528 pages, 22 euros

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