Le jøurnal de ma disparitiøn, de Camilla Grebe

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.
Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse, et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour au lendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.
Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal qui Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…
Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?


Vous connaissez sans aucun doute mes envies récurrentes de me plonger dans un de ces polars qui m’entraînent en quelques pages sur les terres suédoises. Courant janvier, cette lubie est revenue en force. J’ai profité de l’occasion de pour retrouver le héros de Camilla Grebe, à la lecture du second volet de sa saga, Le journal de ma disparition.

Comme vous pourrez le constater, je me fais de nouveau distancer par la plume prolifique de l’auteur, qui vient de sortir, cette semaine, le quatrième tome de sa série… on ne rigole pas, je vais bien arriver par rattraper ce léger retard (d’autant que j’ai un lecteur de Camilla Grebe chez moi qui me pousse à les lire vite pour pouvoir en parler !).

Un village en plein hiver

Quoi de mieux dans cet hiver pour le moins pénible oscillant entre pluie et tempêtes que de lire un roman dans lequel l’hiver ressemble vraiment à quelque chose. Dans un village dévasté par la désindustrialisation et les crises économiques, le cadavre d’une femme est retrouvé à l’endroit même où les restes d’un nourrisson ont été révélés, des années plus tôt. Nous sommes en plein hiver, une lourde et épaisse neige feutre l’atmosphère et rend toute circulation difficile.

Comme un problème n’arrive jamais seul, Peter a disparu sans laisser de trace, et sa collègue et compagne, Hanne, présente de plus en plus de moments d’absence. Elle ne se rappelle rien de son séjour et de l’enquête menée dans ce village et la dégénérescence de sa mémoire semble s’accélérer. Si nous savons, en temps que lecteurs, qu’elle est atteinte d’une forme d’Alzheimer, ses collègues le découvriront durant cette enquête difficile. Car les questions s’accumulent : qui est cette femme retrouvée morte ? Pourquoi la découverte de son corps coïncide étrangement avec la disparition de Peter et les troubles de Hanne ?

Dans cette ambiance hivernale et pesante, des ombres mystérieuses planent auteur de Malin et de ses collègues et certains secrets semblent ne pas vouloir ressurgir. Le passé de ce village, autrefois prospère économiquement et désormais meurtri par la chute de l’économie locale et les délocalisations, font de cet endroit un univers guère hospitalier. Etait-ce d’ailleurs le lieu à choisir pour monter un camp d’accueil de réfugiés, alors que les victimes de la sinistrose économique doivent se débrouiller pour survivre ?

Bien des questions « malaisantes » se posent autour de cette enquête qui dévoile, une fois encore, que le manichéisme n’existe pas dans le monde réel, et que l’homme ne nait pas simplement bon, ou mauvais.

La clé dans la mémoire

Avec ce second tome, Camilla Grebe touche à des faits qui ont marqué l’évolution de la société suédoise et la vie de ses habitants. La Suède, ce n’est pas que des kanelbulle avec un fika, de jolies maisons en bois peintes au rouge de Falunn, ou de belle architectures. C’est aussi une société qui a dû subir des changements, des aléas économiques similaires à d’autres pays de l’Europe. Fermeture d’entreprises, perte de savoir-faire et délocalisation, crise économique et gestion du flux des différentes vagues migratoires qui ont entraînées l’arrivée massive de réfugiés, dans un pays où ses habitants ont déjà eux-mêmes du mal à s’en sortir.

Rien n’est blanc, rien n’est noir, et Camilla Grebe dévoile sans peur ces réactions parfois limite de personnes en difficulté refusant de voir des réfugiés aidés ‘à leurs dépens ». C’est la société d’aujourd’hui qui se dévoile en toile de fond, durant cette enquête, démontrant que l’auteure est aussi observatrice du monde qui l’entoure.

Côté enquête, elle nous surprend une fois encore dans un cold case se fondant dans une enquête urgente à résoudre. Les personnages, suspects, habitants comme flics, sont complexes et parfois difficile à saisir. Chacun à son secret enfoui en lui, si ce n’est pas la mémoire, pour Hanne, qui efface des éléments pouvant être décisifs dans les recherches pour tenter de retrouver Peter.
Parmi eux, le jeune Jake, adolescent vivant en marge des jeunes de son âge, aura son importance dans la résolution de cette affaire. Sa découverte progressive du contenu du journal de Hanne, démontrera l’importance qu’un simple carnet peut avoir dans le déroulé de cette enquête.

Parfois têtes à claque, parfois attachants et émouvants, ces différents personnages apportent de la profondeur à ce qui pourrait être une simple enquête policière. J’ai aimé suivre le cheminement de l’enquête, et fouiller dans ce passé trouble à leurs côtés.
Un second tome captivant, et glaçant par la météo et l’atmosphère ambiantes. Et je ne pense pas attendre un an avant de lire la suite, L’ombre de la baleine, dont j’avais suivi la présentation en librairie au printemps 2019 à Rouen, en présence de l’auteure. Ce troisième volume s’annonçait passionnant !

Pour retrouver mon avis sur le premier tome de la série, Un cri sous la glace, c’est par là !

Le journal de ma disparition, de Camilla Grebe
Éditions Calmann-Levy, 432 pages, 21,90 euros

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